06/11/2005
Décalage
Le décalage entre le microcosme politique et la réalité quotidienne se cristallise parfois à des moments critiques.
Tandis que hier soir les violences franchissaient les frontières de Paris (dans le 11ème et 3ème arrondissement par exemple), certains débats restent affligeants.
Alors que les banlieues sont en feu, des groupuscules brûlent et saccagent des voitures, images qui font le tour de l'Europe comme une scène de guérilla urbaine et guerre civile, un père de famille meurt sous les coups de voyous, et ... des hommes politiques débattent sur l'opportunité du mot "racaille".
Dans la même série, la France sombre dans une léthargie économique, la moindre réforme soulève la crispation générale, la croissance est en panne et le chômage fort (même si on connaît une amélioration depuis quelques mois), et nos hommes politiques discutent sur leur préférence entre les mots "rupture" ou "continuité".
Sinon, petite pensée vers notre président du mouvement car il y a une grande injustice dans la cabale médiatique qu'il a subi. Mention spéciale à Laurent Fabius confirmant ses talents de populiste et opportuniste.Je vous invite à regarder l'émission "Arrêt sur Images" qui revient sur la chronologie des évènements à Argenteuil. Le reportage confirmerait bien la thèse qui voudrait que :
1- Nicolas Sarkozy n'ait fait que reprendre le terme employé par une habitante du quartier.
2- Il ne se soit pas contenté de visiter le quartier mais ait bien à plusieurs reprises discuté avec les habitants dont les jeunes.
3- Les journalistes aient sciemment occulté une partie de la réalité dans la recherche d'images chocs.
Pire, moment exceptionnel, avec la journaliste-présentatrice du JT de France 2, Francoise Laborde :
"Francoise Laborde> .... Il y a peut-être, en effet, un parti pris anti-Sarkozy à un moment donné sur ca...
ASI> A France 2?
Francoise Laborde> Peut être..."
Sans commentaire :(
Marc Etenna
Pour les Jeunes Populaires
7ème circonscription de Paris
20:40 Publié dans Pensées | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note

Commentaires
Oui j'ai regardé l'émission, et j'avoue être resté scotché lorsque Francoise Laborde a déclaré cela.
Sinon très bon article d'un militant méritant.
Bonjour de toute la Loire-Atlantique.
Ecrit par : Tomate | 07/11/2005
Bonjour,
Je voudrais vous dire que j'ai cotoyé de ces jeunes racailles. C'est quasi inévitable quand on a une vingtaine d'années parce que leur idéologie (simpliste) est à la mode. Hélas oui, ces jeunes sont à la mode. Allons donc, ils ne sont pas en manque d'intégration, croyez-moi. MAIS ils sont totalement "drivés" par la TV. Et c'est la TV qui divise les uns et les autres. Ces jeunes ne rêvent que de Porsche et de mannequins esclaves sexuelles. C'est bien cela qui les éloigne du travailleur besogneux (soit 75% des Français). Pas la politique d'intégration. Eux, ils veulent le "living large", et comme ils le veulent tout de suite, et bien il reste le crime. Et ses actes de bravoure. Et si en plus ceux-ci sont médiatisés (encore la TV) alors leur allant est décuplé. Et voilà comment on aboutit à la situation actuelle. Le quart d'heure de célébrité se prolonge comme on peut.
Il est également à la mode de prendre le Français pour un con, un lâche, un benêt. Tous les enfants qui sont dans des écoles primaires et au collège avec une forte mixité sociale le savent. Les enfants français d'origine ceci ou cela, disent je suis 'ceci" ou "cela". Ils ne disent pas "je suis Français". La France est un pays magnifique. Je suis Française et fière de l'être. La France donne tous les moyens nécessaires à chacun de s'intégrer.
Les allocations familiales, l'école et l'université gratuites. Ca, c'est des moyens d'intégration. Maintenant, si chacun préfère se bercer d'illusion devant la télévision et jouer au cowboy, c'est la faute de la télévision, pas de la politique d'intégration.
Si on reparle de discrimination positive, je crois que là, ce sont les Français de souche, n'ayant pas de travail, qui vont descendre dans la rue. De la fermeté, un peu de sérieux, un peu d'autodérision, voilà ce qui manque à ces jeunes de banlieues en mal de publicité.
Merci de votre attention. Et je me permets d'ajouter qu'il faut avoir grandi avec ces jeunes là pour comprendre tout ça sans être sujet à des faux semblants. Cela dit, si vous interrogez les jeunes des lycées actuellement, il y a un conformisme tel dans le discours "officiel" des jeunes qu'on vous dira "ces jeunes sont des victimes" blah blah blah... C'est aussi la peur qui fait tenir ce discours. Personne n'ira se distinguer en disant : "oui, ces mecs-là, ce sont des jeunes avec un excédent de connerie. Et ils se montent la tête parce qu'ils cultivent l'esprit de clan et se croient invincibles. Ils croient qu'ils vont pouvoir imposer leur loi au monde. Comme dans les films". Ne leur parlez pas de bosser et de gagner honnêtement leur vie. Ca, c'est pour les caves de Français. Un alibi bien commode pour ne pas avoir à bosser : "ouais, de toute façons, ils recalent toujours les Arabes et les Renois aux entretiens". Faux et archi faux. Un Arabe ou unn Renoi qui s'exprimera très bien en entretien, il est évident qu'il fera forte impression. Et qu'il sera bien utile dans une boîte. Mais pas un qui arrive en trainant les pieds avec un air frondeur, et qui parle sur un ton désagréable.
Merci.
Ecrit par : antileurre | 07/11/2005
A lire pour mémoire : http://jeunespop87.tooblog.fr/?2005/11/06/251-la-gauche-donne-des-lecons
Ecrit par : Jeunes Pop87 | 08/11/2005
Excellent !
mais ils sont horribles ces gens du FN...oups non, du PS
?!?!#
Ecrit par : m | 08/11/2005
Pour Antileurre,
je ne suis absolument pas d'accord avec toi.
Je suis allé à Stains à plusieurs reprises (j'avais sympathisé avec des jeunes de là bas par hasard).
Il faut vraiment comprendre qu'il y a de très fortes discriminations et ne pas les nier (tout comme reconnaitre qu'il y a des fainéants)/
Moi même qd on me le demande, après réflexion il n'y a pas eu une année où je n'ai pas subi de discrimination.
Pourtant certes je suis noir, mais je suis d'origine francaise (du moins depuis 4siècles), d'origine chrétienne et de parents qui ont des revenus corrects... et donc ne fait pas parti des schémas classiques dont se gargarisent les hommes politiques et les sociologues.
Alors j'imagine très bien ce que ces jeunes vivent, sans revenus, sans véritable éducation francaise*, qui cumulent les handicaps. Surtout lorsqu'ils voient ce que leurs parents, après tant de sacrifices ont recu de la République.
Car aussi, il faut être honnête, j'ai vraiment constaté (peut être aussi à cause de mes études et de mon boulot actuel) qu'il existe une fort mimétisme social. Une reproduction sociale, et que avoir une "certaine" éducation et culture est OBLIGATOIRE pour pénétrer certains milieux.
Ecrit par : m | 08/11/2005
et la police de proximité ? ha ha ha, bien ouej Nicolas...
Ecrit par : john | 08/11/2005
Allez, on expulse les étrangers condamnés maintenant... c'est un peu radical non ? C'est un peu facile de faire des étrangers les bouc-émissaires... Comment peut-on tolérer ça ? Quand condamnerez-vous fermement votre président de parti ? Quand condamnerez-vous les déclarations et actions scandaleuses de notre ministre de l'intérieur ?
Ecrit par : john | 09/11/2005
Cher M. Tu n'es peut-être pas d'accord avec moi, mais tu ne peux pas être "absolument" en désaccord avec moi. Sur le nombre de, mettons, Renois, qui restent assis devant la télé à mater des films et à nourrir des rêves de gloire, il y en a pas mal qui sont assis là à cause du discours sur la discrimination à l'embauche. C'est une chose d'en faire la remarque et une autre chose de le seriner inlassablement. Les jeunes ont intériorisé le fait que de toutes façons, ça va pas le faire... Et c'est criminel de mettre ça dans la tête des gens. Autant les émasculer direct. Le discours de victimisation de l'immigré me sort par les yeux.
On n'a jamais dit que la France était le pays magique de la flûte enchantée. Mais globalement, la France est un pays vraiment pas mal, je trouve. C'est en tout cas un pays que j'aime et qui donne sa chance à chacun. Ca, j'en suis intimement persuadée, même si c'est plus dur pour les uns que pour les autres. Notamment, le Français qui est petit et moche, et qui a un problème d'élocution, ce sera dur pour lui d'être hôtesse d'accueil. Mais s'il est matheux, il fera peut-être un super ingénieur. S'il n'est pas ingénieur, il trouvera peut-être le bonheur en plein air en étant jardinier à la Ville de Paris. Est-ce que tu crois qu'ils recalent les rouquins ou les gauchers à un poste de paysagiste ? D'aucuns le disent qu'il paraît que les filles qui portent des tresses sont sytématiquement recalées au concours d'entrée de l'Ecole du Louvre. Laisse tomber..!
Tu me suis ou pas? Le discours de victimisation a eu son heure de gloire (au moins 15 ans) et il a retenu toute mon attention jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Mais aujourd'hui j'estime malhonnête de continuer dans ce sens.
Je suis toujours farouchement opposée à la discrimination positive. Trouve mieux pour défendre les couleurs des "personnes de couleurs" au pays du politically correct.
Ecrit par : Antileurre | 11/11/2005
Effectivement, la discrimination positive est une «hérésie» !
Il n’y a rien de plus insultant que de se faire embaucher grâce (ici ce serait plutôt à cause de) à sa couleur !
Les remarques faciles peuvent fuser « Monsieur, n’oubliez pas que si vous êtes là c’est parce que j’ai des quotas à respecter… » Rien de plus gratifiant, non ??! C’est, je trouve, une négation totale de l’égalité des chances et de la promotion du mérite ! (et on pourrait tenir le même discours pour la Loi du la Parité….)
Celui qui veut s’en sortir, le peut …. et la France offre déjà pas mal de grandes possibilités en ce sens même si évidemment il faut toujours persévérer…
Mais, Antileurre, le raisonnement à ne pas avoir c’est bien celui de la stigmatisation de la jeunesse des banlieues.. ce n’est pas parce que tu vis dans un quartier sensible que tu restes devant la TV à longueur de temps ! Certains sont volontaires, veulent prendre des initiatives !
Il faut donc les aider en ce sens et non pas dans celui la reconnaissance de leurs différences visibles !
Ecrit par : AL | 11/11/2005
J'ai été longtemps contre la discrimination positive.
En fait, et je l'avoue, ce n'est que tardivement que j'ai pris conscience des discriminations dont je faisais l'objet. Je sais que pendant plusieurs années on ne prenait d'antillais dans les classes préparatoires car on les jugeait fainéants (c'est mon prof de math qui me l'avait dit, on prenait plutot ceux avec la peau pale (doux euphémisme)...), je me suis vu refuser par exemple des chèques car domiciliés aux Antilles (pourtant la France!!) dans un supermarché ainsi qu'un grand centre commercial du Bd Haussman (pour pas citer de nom :p), je me suis vu refuser des dossiers d'appartement juste à cause de la domiciliation de mes cautions (qui pourtant, étaient eux deux des fonctionnaires, dont une caution avec un salaire de plus de quatre fois le montant du loyer)...
Or pourtant je fais parti de privilégiés. Tout simplement car j'ai d'autre armes pour lutter que juste ma colère. J'ai fait de hautes études, j'ai des perspectives et la chance d'avoir d'être dans un milieu où l'on fait de belles rencontres, une carrière qui s'ouvre, des parents aisés etc. Alors imaginons ceux des banlieues...
Je commence sincèrement à me dire, pourquoi ne pas essayer cette discrimination positive? Il y a un tel écart à combler...
Ecrit par : m | 11/11/2005
@ AL : Mais AL, c'est évident.
Tu dis : " le raisonnement à ne pas avoir c’est bien celui de la stigmatisation de la jeunesse des banlieues.. ce n’est pas parce que tu vis dans un quartier sensible que tu restes devant la TV à longueur de temps ! Certains sont volontaires, veulent prendre des initiatives ! "
Et je ne dis pas autre chose. C'est vraiment un PONCIF.
Mais je : "dis arrêtons de faire croire aux jeunes des banlieues qu'il ne sert à rien d'être motivé en leur assignant la place d'éternelles victimes". C'est parce qu'ils ont intériorisé cette idée qu'un certain nombre sont assis devant la TV ou apprennent dans la rue des tas de trucs forts astucieux que m. et la plupart de ses amis de prépa n'imagineraient même pas dans leurs rêves les plus exagérément débridés.
@ m : la discrimination positive est antidémocratique.
Peux-tu entrevoir cela ?
Tant que tu ne prendras pas conscience qu'il y énormément de Français qui n'admettraient pas ce traitement de faveur parce qu'ils s'estiment eux-mêmes profondément lésés par l'irresponsabilité de CERTAINS (AL? Bien ou pas?) immigrés et jeunes de banlieues, tu ne seras pas vraiment légitime en tant que leader d'opinion. Ou en tant que porte-parole.
Mon cher m. Contrairement à toi j'ai la double appartenance : quartiers pauvres + niveau socio-culturel élevé.
Je ne me reconnais en ce que tu écris ni en vertu de la première appartenance, ni en vertu de la seconde.
M'est avis que tu parles depuis un point de vue tout à fait particulier. Je me permets de te mettre en garde, avec l'assurance de ma bienveillance, contre une forme de narcissisme qui guette toute personne ayant tant soit peu d'exposition médiatique.
Mon cher AL, je suis au fait bien placée pour savoir que: "ce n’est pas parce que tu vis dans un quartier sensible que tu restes devant la TV à longueur de temps !".
Discours empreint d'un indéniable bon sens et qui est, je le répète, un poncif.
Ecrit par : Antileurre | 12/11/2005
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